Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (39)

Mercredi 29 mars. Quatre cloches 2-3-4-5 ou mi-fa#-la-si.

Quelle est la signification des trois clés ?

Nous n’avons aucune certitude à ce sujet. Il ne s’agirait pas des clés des portes puisque celles-ci étaient au nombre de quatre…

Les trois clés apparaissent sur les armoiries personnelles de l’abbé Arnould de Chastre au XIIIe siècle. On les retrouvera bien plus tard dans les armes du Comté de Gembloux  elles intégreront celles de la Ville : « l’écu de sable  fond noir) à trois clefs d’argent surmonté de la couronne comtale à treize perles ».

Initialement, les armes de l’abbaye faisaient référence aux saints auxquels elle était dédiée : une clé pour saint Pierre et une épée pour saint Exupère (saint guerrier).

Jean Paul Straus propose la thèse suivante, qui ne demande qu’à être vérifiée : on sait que Gembloux entretenait d’excellentes relations avec le pape. Il arrivait qu’en signe de reconnaissance, le pape permette qu’on reprenne les deux clés de ses armoiries. Cela s’est passé ailleurs.

On aurait donc conservé la clé de saint Pierre, intégré les deux clés papales et laissé tomber l’épée, symbole guerrier contestable.

Illustrations : Armoiries de la Ville et dessin représentant l’abbé Arnould de Chastre, dans La Geste des abbés de Gembloux, par Jean-Paul Straus, éditée par le Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, 2012, p.111 – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (38)

Mardi 28 avril. Deux cloches, 2-3 ou mi-fa#.

Èfants d’Djibloû.

Toutes les heures de 8h à 21h, le carillon automatique joue le refrain d’Èfants d’Djibloû.

C’est par décision du 8 novembre 1949 que le Conseil communal conféra un caractère officiel à ce chant régulièrement entonné. Les paroles sont de Joseph Laubain (1877-1952), Grand Prix de littérature wallonne qui fut par ailleurs échevin et plusieurs fois bourgmestre faisant fonction.

Au niveau de la musique, il s’agit d’un arrangement au départ d’une chanson de marche militaire. On le doit à Victor De Becker, musicien reconnu qui fonda l’académie au début des années 1920.

Le refrain se veut général, fédérateur et joyeux. Les couplets décrivent le Gembloux de l’époque et nous pouvons constater que pas mal de choses restent d’actualité à l’exception notable et bien compréhensible de ce qui concerne l’industrie et les villages qui ont rejoint la commune depuis.

 

Nous avons enregistré un nouvel arrangement du morceau en 2015 avec la chorale Canticorum. Paroles en orthographe officielle wallonne, traduction et enregistrement sont disponibles sur le site du Cercle royal ‘Art et Histoire’ : http://www.crahg.be/efants-d–djiblou.html  Illustrations : Photo de Joseph Laubain et partition simplifiée.

Prier pour les vocations? Et si ça me concernait de tout près?

Ce 3 mai, l’Eglise nous invite à tout spécialement prier pour les vocations à l’occasion de la 57e Journée Mondiale de Prière pour les Vocations. Le pape François a écrit pour cette occasion un message dont les mots principaux sont souffrance, gratitude, courage et louange. Et si ces mots étaient pour moi? En fin d’article, retrouvez le signet, confectionné pour cette Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, de même qu’une veillée de prière, sous format PDF (cette version ne donne que les textes. Sur demande, on peut recevoir la version avec partitions: smjn.noville@gmail.com).

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (37)

Lundi 27 avril. Sonnerie des cloches 2-3-6, ou mi-fa#-do#. C’est la réplique de la sonnerie du 2 novembre en plus aigü.

Depuis son installation, le carillon façonne l’environnement du cœur de ville en lui donnant une identité sonore propre, que ce soit lorsque l’instrument est joué par le carillonneur à certaines occasions ou via le système automatique qui égrène ses mélodies au fur et à mesure que la journée passe.
Initialement, le système automatique consistait dans un tambour gravé déclenchant des marteaux électriques. Il comportait une mélodie à l’heure et une à la demi-heure.

Il est aujourd’hui remplacé par de l’électronique et les mélodies ont été reprogrammées. A l’heure, c’est « Efants d’Jiblou », l’hymne local officiel, tandis que « Li Bia Bouquet » sonne à la demi-heure. On y a aussi ajouté quelques notes de « Colchiques dans les Prés » au premier quart d’heure et « Greensleeve » (Dans le Port d’Amsterdam) au troisième quart d’heure.

Bien entendu, le système automatique ne permet pas les nuances de jeu qu’un vrai carillonneur peut donner.

Le jeu au clavier se fait généralement avec les poings. Le clavier comporte deux rangées de bâtons qui correspondent aux touches blanches et noires d’un piano. Mais ici, tout est plus grand, plus lourd et donc plus physique ! Les cloches les plus graves sont aussi jouables au moyen d’un pédalier.

Illustrations : Photos de l’ancien tambour de carillon automatique et de notre carillonneur Serge Joris : Vincent Duseigne – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (36)

Dimanche 26 avril. Sonnerie de trois cloches 1-3-5 ou ré-fa#-si, tierce majeure-sixte.

L’affaire du bourdon ou l’avènement du carillon.

Si la vie du nouveau bourdon commence sur les chapeaux de roue en 1954, elle sera de courte durée. En effet, il se fêle dès 1958.

Le fondeur Michiels refuse d’appliquer sa garantie et la Ville lui intente un procès. Elle le gagne au bout de plusieurs années de procédure durant lesquelles l’idée de remplacer le bourdon par un carillon fait son chemin. En accord avec la famille de Gustave Docq, la voix grave saluant les grandes occasions laisse sa place à un instrument de musique permettant de jouer de nombreux airs.

C’est le 21 septembre 1963 que le carillon résonne pour la première fois avec à son clavier le Maître Carillonneur Géo Clément, expert en la matière choisi par la Ville comme conseiller technique.

Le carillon est fourni par la firme néerlandaise Petit & Fritsen qui racheta l’entreprise Michiels tombée en faillite. L’ensemble pèse 2.350 kg et comprend 47 cloches, la plus lourde étant un si bémol de 379 kg pour un diamètre de 85 cm. Sur cette cloche figure le texte suivant :
« Ce carillon remplace le bourdon donné à la Commune de Gembloux par Gustave Docq, bourgmestre de 1872 à 1903. »

La plus petite cloche de l’ensemble a un diamètre de 15 cm et pèse moins de 10 kg. Les 47 cloches du carillon sont fixes, elles ne sonnent pas à la volée.

Illustrations : Le clavier et les cloches avec leur filerie : Vincent Duseigne – article Manu Delsaute 

Dans une lettre, le Pape François invite les fidèles à prier le chapelet au mois de mai

Datée de ce samedi 25 avril, une lettre du Pape François adressée à tous les fidèles rappelle la dimension mariale du mois de mai, et encourage à «redécouvrir la beauté de la prière du chapelet chez soi», en particulier en ce temps d’épreuve. Le Saint-Père indique également deux prières à Marie, spécialement rédigées pour l’implorer dans la pandémie.

lire la lettre 

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (35)

Samedi 25 avril. Variation sur un même thème par rapport hier : 1-3-4-6 ou ré-fa#-la-do#.

Tchirou et Piconette

Aux termes de son acte de naissance, c’est pendant qu’on inaugurait le nouveau bourdon que le premier géant de Gembloux voyait le jour. « L’Tchirou » représente un coutelier.

Il reprend le surnom qu’on avait donné à Eloy Martin Cognioul, né en 1849 et mort en 1931, qui, avec sa « tchérette », allait aiguiser les couteaux chaque semaine sur le marché de Fleurus.

Sa première sortie eut lieu le 4 juillet 1954. Pour l’occasion, les géants de Wavre avaient fait le déplacement.

L’année suivante, ce fut au tour de Piconette, qui fait allusion à la rue où résidait Tchirou. L’occasion pour Tchirou de revenir avec une nouvelle tête 😊. Ils ont été mariés par le doyen Henin à la braderie de 1984.

Après maintes pérégrinations et péripéties, ils renaissent en 2009 à l’initiative de la Jeune Chambre Internationale de Gembloux. Depuis, ils animent régulièrement les manifestations locales et se font les ambassadeurs de la Ville à l’extérieur, parfois bien loin.

Tchirou mesure 3,67 m et Piconette 3,48 m. Ils sont portés et ne se font pas prier pour danser…

 

 

Illustrations : Inauguration : Archives du Cercle royal ‘Art et Histoire’ et divers. Photo de 2014 : Amélie Simon – article Manu Delsaute