Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (34)

Vendredi 24 avril. Sonnerie de quatre cloches 1-3-4-5 ou ré-fa#-la-si. Tierce majeure-quinte-sixte. C’est un accord assez joyeux qui sonne pour la messe chaque dimanche matin.

Contrairement aux autres cloches de 1954, le nouveau bourdon ne passa pas par la case église et fut livré directement au beffroi. Sa taille et ses 5.330 kg en imposaient et c’est fièrement que les enfants du coin posèrent à ses côtés.

Comme ce fut le cas avec le précédent, l’usage du bourdon fut partagé avec la paroisse pour les principales fêtes.

Le samedi 5 juin 1954, les autorités convièrent la population sur la place de Hôtel de Ville pour la sonnerie d’inauguration. Un hommage fut rendu à Gustave Docq pour les services qu’il rendit et les legs qu’il fit à la Ville. Elle décida d’ailleurs de graver un souvenir dans la plaque de la rue portant son nom. C’est à ce moment-là que son libellé devint :

Rue Gustave Docq
Bourgmestre de Gembloux de 1872 à 1903
Donateur du bourdon

Illustrations : Photos anciennes issues du Fonds Lucien Hoc du Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, photo de la plaque de rue – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (33)

Jeudi 23 avril. Trois cloches pour ce soir : 2-4-6 ou mi-la-do#. Sonnerie aérée où chaque cloche se distingue bien.

Une mélodie avant de sonner l’heure… et vint le carillon !

Nous avons vu que pour prévenir de l’imminence de la sonnerie de l’heure, l’horloge mécanique mettait en route un système tintant l’une ou l’autre cloche pour envoyer le signal.

On ajouta rapidement des cloches, dont des notes, dans le jeu et ces tintements devinrent ainsi des mélodies plus complexes et plus longues. Le système, c’est celui des boîtes à musique que nous connaissons tous : un tambour tournant avec des taquets qui actionneront des leviers reliés aux marteaux. C’est le placement des taquets qui déterminera les cloches tintées et le moment. Petite vidéo pour voir le tout en action à Enghien… https://youtu.be/RFA458GtArU

D’un système purement utilitaire à vocation de donner un signal, on évolua donc vers quelque chose de plus en plus musical. L’idée vint ensuite de jouer des mélodies non pas de manière mécanique mais par l’intervention de l’homme : en reliant les marteaux ou les battants des cloches à un clavier.

C’est comme ça que naquit, il y a un peu plus de 500 ans, le carillon à clavier tel que nous le connaissons dans nos contrées.

Illustrations : Vidéo et photos de l’horloge et du tambour du carillon automatique d’Enghien par Vincent Duseigne. Gravure de 1683 reproduite dans Carillons et tours de Belgique, Ludion éditions, 1994, p. 27 – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (32)

Mercredi 22 avril. On allège la sonnerie d’hier en retirant la grosse cloche, ce qui fait 2-3-5 ou mi-fa#.

Poursuivons notre balade dans l’ancienne abbaye et rejoignons le quartier des moines. Nous arrivons au calme dans la cour qui leur est réservée. Appelée autrefois cour des noyers en raison des arbres qu’on pouvait y trouver, elle est aujourd’hui bien dégagée.

On y trouve le monument représentant « Le laboureur à l’étude ». Il date de 1910 et marque le cinquantième anniversaire de l’Institut agricole. Il se trouvait auparavant dans la cour d’honneur.

Outre la plus grande simplicité des bâtiments, on remarquera les traces d’arrachement d’une ancienne galerie qui reliait le palais abbatial directement à l’église.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bâtiment des moines se termine bizarrement dans sa partie haute, ce qui traduit une modification des plans en cours de construction. Il eut été logique que ce bâtiment soit relié au palais abbatial. Il le fut plus tard par un mur de clôture contre lequel le monument aux morts, aujourd’hui à côté, était placé.

 

 

 

 

 

 

 

Illustrations : Carte postale ancienne de la cour des noyers, photos contemporaines – article Manu Delsaute 

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (31)

Mardi 21 avril. On ajoute une cloche à la combinaison d’hier et on observe que le rendu devient tout différent, plus joyeux : 1-2-3-5 ou ré-mi-fa#-si.

Des bâtiments de l’ancienne abbaye, c’est l’église qui a subi les plus profondes modifications depuis sa construction, à commencer par son volume.

Au départ, elle était plus courte. Il s’agissait d’une croix grecque, c’est-à-dire une croix dont les quatre bras avaient une longueur identique. A leur croisement figurent quatre chapelles d’angle qui s’élèvent jusqu’à mi-hauteur de l’ensemble.

Ce plan changea lorsqu’on prolongea, probablement au début du XIXe siècle, le bras occidental de l’église au moyen d’une nef basse, d’une hauteur comparable à celle des chapelles. Enfin, de 1885 à 1886, on augmenta cette hauteur pour arriver à celle du reste de la croix grecque.

Si les modifications sont presque indécelables de l’intérieur, elles sont bien visibles à l’extérieur : les cordons de pierre figurant au milieu des murs montrent le bord initial de l’édifice, la couleur des briques change à mi-hauteur et on peut observer des fenêtres en plein cintre murées qui servaient jadis à éclairer la nef basse. Dans le mur sud se trouve aussi une couture due au placement d’une cheminée.

Il existe une seule photo qui nous montre l’église avec la nef basse. Quelques dessins et peintures l’évoquent aussi. La photo a été prise vers 1880. On y voit également le beffroi tel qu’il était à ce moment-là.

Illustrations : photo issue de François Toussaint, L’abbaye de Gembloux, édition Douxfils, 1882 ; photos montrant les traces de modifications sur les murs de l’église – article Manu Delsaute

Le Pape François prie pour que le silence de cette période nous apprenne à écouter

En introduction de la messe de ce mardi de la deuxième semaine du Temps Pascal, le Saint-Père a formulé la prière suivante:

«En ce moment, il y a beaucoup de silence. On peut aussi écouter le silence. Que ce silence, qui est un peu nouveau dans nos habitudes, nous apprenne à écouter, nous fasse grandir dans notre capacité d’écoute. Prions pour cela».

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Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (30)

Lundi 20 avril. Complétons la sonnerie d’hier en ajoutant une basse : 1-2-5 ou ré-mi-si. Il y a deux choses dans cette combinaison : le caractère un peu austère des deux premières cloches séparées d’un ton et la légèreté apportée par le si. Cette combinaison est utilisée le 2 novembre pour se souvenir des défunts de l’année. Elle allie à dessein la tristesse du deuil et l’apaisement auquel on aspire.

Le remplacement des cloches après la guerre.

Suite à l’enlèvement de la plupart des cloches de Belgique durant la Seconde Guerre mondiale, les fonderies ont tourné à plein régime dès la fin des hostilités pour repeupler nos clochers. Rares furent les cloches récupérées. Les dommages de guerre interviendront.

C’est en 1954 que sont livrées les nouvelles cloches à destination du beffroi : Marie, Joseph et Guibert, mais aussi un nouveau bourdon en remplacement de celui légué par Gustave Docq.

Les trois premières font l’objet d’une bénédiction à l’église le 9 mai. Ce jour-là, c’est la grande affluence. Pour l’occasion, les cloches sont présentées sur des trépieds et garnies de rubans et de fleurs. Un faire-part est édité. La bénédiction des cloches suit un rite précis au cours duquel on les fait sonner en tirant leur battant au moyen d’une corde. Même s’il ne s’agit pas d’un baptême, on a coutume de désigner des parrains et marraines.

Voici quelques photos. Certains pourraient s’y retrouver ou reconnaître l’une ou l’autre personne.

Illustrations : Fonds Lucien Hoc du Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux et archives de la Fabrique d’église Saint-Guibert – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (29)

Dimanche 19 avril. Sonnerie de deux cloches, intervalle de quinte, 2-5 ou mi-si.

Passons le porche d’entrée de l’ancienne abbaye et entrons dans la cour d’honneur. Nous nous retrouvons face au palais abbatial.

L’architecture néo-classique se dévoile sous nos yeux. Pas d’artifices, tout est dans l’équilibre, la symétrie, le rythme des droites. Seules quelques courbes viennent briser ce qui sans cela pourrait paraître monotone. Le péristyle s’impose avec ses quatre colonnes et son fronton triangulaire.

Bien-sûr, les choses ont évolué depuis que les moines ont quitté les lieux.

Derrière les murs qui délimitent la cour ont été adjoints une série de. Certaines dépendances qui recevaient jadis carrosses et chevaux ont été rehaussées, ce qui nécessita de condamner les fenêtres sur les bâtiments qui font retour du palais vers la cour.

Durant de longues années, la cour était arborée, jusqu’à ce qu’on la réaménage à l’occasion du 100e anniversaire de l’Institut agronomique en 1960. C’est de ces travaux que provient la vasque avec le jet d’eau.

Illustrations : Cartes postales anciennes et extrait d’une vue aérienne formant couverture intérieure du livre La Faculté de Gembloux dans l’ancienne abbaye bénédictine, dessins d’André Mohimont, presses agronomiques, 2005 – article Manu Delsaute