Vocations, tous concernés !

Ce texte est extrait d’une homélie de l’abbé François Barbieux pour ce dimanche 3 mai que vous pouvez retrouvez dans son intégralité ici

Ce dimanche est la 57e journée mondiale de prière pour les vocations. Ce terme vient du latin vocare : appeler. À travers le monde entier, l’Église prie pour que tous, jeunes ou moins jeunes, écoutent l’appel que Dieu leur lance à le suivre sur les chemins du Royaume qu’il a inauguré et annoncé. Dans la première lecture, nous entendions l’apôtre Pierre proclamer : « la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera ».

Oui, la vocation ne concerne pas seulement les prêtres ou les religieux. À chacun de nous, Dieu lance un appel personnel à le suivre, à l’annoncer, à témoigner sa Miséricorde, à être des acteurs de communion… à être des saint(e)s ! Dans le mariage ou le célibat, la vie consacrée, le diaconat, la prêtrise… Chacun a sa mission propre dans la communauté chrétienne, car l’Église est l’affaire de tous. Nous en sommes pierres vivantes depuis notre baptême. Chacun, selon ses charismes, est appelé à y prendre une place spécifique à laquelle le Seigneur l’appelle. Alors, le petit troupeau pourra grandir et s’épanouir car le Seigneur est venu « pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance ! » C’est pourquoi tout cela prend sa source sur le premier des appels que Jésus nous a lancé, la vocation primordiale : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Continuer la lecture

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (42)

Samedi 2 mai. Sonnerie des cloches 1-3-6, soit ré-fa#-do#.

Les fouilles récentes à l’intérieur du beffroi sous la direction de Michel Siebrand nous ont livré des trésors inattendus car ce sont 13 bases de moules de cloches qui ont été mises au jour, plus – chose exceptionnelle – le noyau quasi intact d’un 14e moule.

On situe l’activité de l’atelier de fonte au début du XVIIIe siècle, ce qui correspond à la longue période d’inutilisation de l’église Saint-Sauveur suite à l’incendie de 1678. On découvrit aussi une partie du pavement du XVIe siècle, en partie démoli pour creuser la fosse à cloches, deux fours pour la fonte du métal et une aire de terre présentant une trace de chauffe circulaire. On pense qu’on aurait chauffé une cloche pour la réparer ou faciliter sa destruction pour en réutiliser le métal.

Le remblai de comblement de l’atelier contient de nombreux fragments de moules avec quelques restes de décors et inscriptions. Tous ces éléments doivent encore être étudiés. A ce stade, on ne connaît aucun document qui ferait allusion à cette activité qui surprend par son ampleur.

Le sol renferme également des vestiges de murs médiévaux ainsi qu’une pierre ouvragée, de niveau, qui semble dater du XIIIe siècle. Elle pourrait constituer une base de fonts baptismaux. On relève qu’elle est restée en place, incluse dans la reconstruction du XVIe siècle. Quoi qu’il en soit, toutes ces découvertes inspireront les aménagements intérieurs et extérieurs à venir.

Reportages disponibles sur Canal Zoom.

Illustrations : Photos des vestiges par Michel Siebrand – article Manu Delsaute 

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (41)

Vendredi 1er mai. Sonnerie des cloches 1-2-4-5 ou ré-mi-la-si.

La fabrication des cloches.

C’est vers le milieu du XIXe siècle que les fondeurs de cloches se sont sédentarisés, aidés par l’évolution des moyens de transport. Auparavant, ils se déplaçaient pour couler les cloches au lieu de livraison. Ils creusaient une fosse et y façonnaient les moules destinés à recevoir le métal en fusion.

On peut schématiser le procédé de fabrication d’une cloche comme suit :

1. On élabore un premier moule en briques recouvertes d’argile, de crottin de cheval et armé de poil de chèvre qui correspond au volume intérieur de la future cloche.

2. Sur le noyau préalablement enduit d’un isolant, on ajoute une seconde couche, en argile. Elle a exactement la taille de la cloche à couler. On l’appelle la fausse cloche. Tout cela se fait avec un gabarit qu’on appelle planche à trousser. Cette fausse cloche reçoit les décors et inscriptions voulus, qui sont en cire.

3. On recouvre ensuite le tout d’une troisième couche de terre et crottin armés. On l’appelle la chape.

4. On fait ensuite sécher le tout, on retire délicatement la chape, on brise la fausse cloche sans abîmer le noyau et on replace la chape au-dessus de celui-ci ainsi que le moule de la couronne.

5. C’est dans l’espace laissé vide par la disparition de la fausse cloche qu’on va couler le métal. Préalablement, on aura rebouché la fosse tout autour des moules et bien damé la terre.

6. Une fois le métal refroidi, on procédera au déterrage, brisera la chape et décollera la cloche du noyau. Les moules ne serviront qu’une seule fois, ce qui fait de chaque cloche un instrument unique.

7. On procédera enfin aux finitions comme le polissage.

Une série de ces étapes ont pu être vécues à Gembloux lors de la coulée en public en 2012.

Illustrations : Noyau et planche à trousser : Fonderie Slegers-Causard de Tellin, photo exposée au musée de la vie wallonne. Quelques photos de la coulée réalisée en public à Gembloux en juin 2012 : Vincent Duseigne, Serge Joris, Francine Wuestemberghs – article Manu Delsaute 

 

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (40)

Jeudi 30 avril. Les cloches 2-3-4-6 sonneront aujourd’hui, soit mi-fa#-la-do#.

Les fouilles qui ont été menées ces dernières années par Michel Siebrand pour l’Agence wallonne du Patrimoine nous ont apporté de précieuses informations sur le beffroi et l’ancienne église Saint-Sauveur.

Le beffroi est en grande partie du XVIe siècle. La base des murs de l’église de cette époque est toujours présente dans le sol. On a retrouvé, plus profondément enfouis, les restes d’une église de plus petite taille, datant du Moyen-Âge.

A quoi ressemblaient ces bâtiments ?

Les dessins commandés par l’abbé Papin illustrent en 1521 une église Saint-Sauveur de petite taille munie d’une tour carrée avec une toiture en pointe peu élancée. Ça doit être encore l’église médiévale. Les choses ont changé sur la gravure de Gramaye en 1608 : la tour de l’église présente une flèche avec un bulbe et quatre clochetons d’angle. C’est comme cela aussi qu’Harrewijn l’illustrera plus tard, probablement au départ d’une autre source.

Sur ces deux documents, l’église possède une chapelle latérale. Ses vestiges ont aussi été retrouvés dans le sol.

Ces bâtiments du XVIe siècle ont été ruinés, comme le reste de la Ville et de l’abbaye, par le grand incendie du 6 août 1678. Leur restauration dura plusieurs décennies au terme desquelles on a ajouté le dernier étage de la tour et la flèche simple qui fut à son tour détruite par l’incendie du 12 septembre 1905.

Illustrations : Gravure de Jean-Baptiste Gramaye, 1608, et fac-simile ; gravure de Jacques Harrewijn, fin XVIIe et extrait d’un tableau de François de La Pointe (ca 1690) : issus du dossier de classement UNESCO. Dessin légendé issu de La Geste des abbés de Gembloux, par Jean-Paul Straus, éditée par le Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, 2012, p. 142 – article Manu Delsaute