Mardi 21 avril. On ajoute une cloche à la combinaison d’hier et on observe que le rendu devient tout différent, plus joyeux : 1-2-3-5 ou ré-mi-fa#-si.
Des bâtiments de l’ancienne abbaye, c’est l’église qui a subi les plus profondes modifications depuis sa construction, à commencer par son volume.
Au départ, elle était plus courte. Il s’agissait d’une croix grecque, c’est-à-dire une croix dont les quatre bras avaient une longueur identique. A leur croisement figurent quatre chapelles d’angle qui s’élèvent jusqu’à mi-hauteur de l’ensemble.
Ce plan changea lorsqu’on prolongea, probablement au début du XIXe siècle, le bras occidental de l’église au moyen d’une nef basse, d’une hauteur comparable à celle des chapelles. Enfin, de 1885 à 1886, on augmenta cette hauteur pour arriver à celle du reste de la croix grecque.
Si les modifications sont presque indécelables de l’intérieur, elles sont bien visibles à l’extérieur : les cordons de pierre figurant au milieu des murs montrent le bord initial de l’édifice, la couleur des briques change à mi-hauteur et on peut observer des fenêtres en plein cintre murées qui servaient jadis à éclairer la nef basse. Dans le mur sud se trouve aussi une couture due au placement d’une cheminée.
Il existe une seule photo qui nous montre l’église avec la nef basse. Quelques dessins et peintures l’évoquent aussi. La photo a été prise vers 1880. On y voit également le beffroi tel qu’il était à ce moment-là.

Illustrations : photo issue de François Toussaint, L’abbaye de Gembloux, édition Douxfils, 1882 ; photos montrant les traces de modifications sur les murs de l’église – article Manu Delsaute
Lundi 20 avril. Complétons la sonnerie d’hier en ajoutant une basse : 1-2-5 ou ré-mi-si. Il y a deux choses dans cette combinaison : le caractère un peu austère des deux premières cloches séparées d’un ton et la légèreté apportée par le si. Cette combinaison est utilisée le 2 novembre pour se souvenir des défunts de l’année. Elle allie à dessein la tristesse du deuil et l’apaisement auquel on aspire.
Dimanche 19 avril. Sonnerie de deux cloches, intervalle de quinte, 2-5 ou mi-si.

Samedi 18 avril. Une sonnerie très joyeuse de quatre cloches : 2-4-5-6 ou mi-la-si-do#. Elle convient très bien pour un mariage.
Vendredi 17 avril. Même accord qu’hier, mais un ton plus haut : 2-5-6 ou mi-si-do#. Soit quinte et sixte.
Jeudi 16 avril. Essai au départ de la sonnerie d’hier : 3 cloches mais on descend la plus grave qui s’isolera des deux autres : 1-4-5 ou ré-la-si. Quinte et sixte.
Le Conseil communal avait imaginé de lancer un concours pour recevoir des projets, mais il ne put concrétiser l’idée, ce qui provoqua des débats. Il optera finalement pour le modèle au bulbe caractéristique que nous connaissons encore aujourd’hui, mais les archives contiennent quelques autres propositions.




Mardi 14 avril. Sonnerie de quatre cloches ce soir, les plus hautes : 3-4-5-6 ou fa#-la-si-do#. Le fa#, distant d’une tierce mineure ou trois demi-tons, se détache bien des autres.
On a alors pensé à une solution permettant de nous prévenir de la sonnerie imminente de l’heure.
Lundi 13 avril. Sonnerie de trois cloches : 2-3-4 ou mi-fa#-la. Bel accord.
l’heure. Plus la tour est haute, plus on dispose de longueur de corde et moins souvent il faut remonter les poids.
Initialement, il n’y avait pas de cadrans et l’heure était uniquement annoncée avec les cloches. Les cadrans ne seront ajoutés au beffroi qu’à la fin du XIXe siècle et seulement pour les côtés sud et ouest. Ils sont cerclés de pierre bleue. Les deux autres cadrans, sans cerclage, seront placés en 1954.

