Dimanche 12 avril. Retour à plus de sobriété pour ce soir de Pâques : Marie et Benoît souligneront nos applaudissements. 1-4, ré-la ou intervalle de quinte.

Le choix de la cloche à sonner ou de la combinaison des cloches permet de colorer le message que l’on veut passer. On met l’accent sur le ton ou l’intervalle musical, l’accord. Mais la manière de sonner, le rythme et le tempo, sont tout aussi importants pour donner de l’expression.
Voici les principales manières de sonner :
– Le tintement : la cloche est immobile et un marteau, très souvent externe, vient la frapper. Le meilleur exemple est la sonnerie des heures. Ça permet de contrôler pleinement le nombre de coups sonnés, ce qui est préférable pour indiquer le temps… Un tintement rapide sur une petite cloche et c’est le tocsin qui annonce de manière nerveuse un danger comme un incendie. Un tintement lent, sur une ou plusieurs cloches, sonne tristement le glas pour un décès. Le choix des cloches permet même d’annoncer différemment la mort d’une femme, d’un homme ou d’un enfant.
– Le tintement peut être effectué au moyen du battant de la cloche qu’on vient frapper sur celle-ci. On parle alors de copter la cloche.
– La volée : c’est le mode le plus sonore. La cloche et sa suspension sont balancées jusqu’à ce que le battant et la cloche se rencontrent. Le battant doit frapper à l’endroit le plus épais, c’est-à-dire le bord. Le soir à 20h, nous écoutons les cloches sonnant à la volée. C’est aussi ce mode qui est traditionnellement utilisé pour l’annonce des messes ou des réjouissances.
– L’angélus combine les deux modes : 3 x 3 coups tintés puis une volée. Au beffroi, l’angélus sonne tous les jours sauf le dimanche matin à 8h45, 12h15 et 19h15, après les ritournelles du carillon. Les tintements sur la grosse cloche et la volée par la cloche Guibert sauf le dimanche midi où celle-ci est remplacée par la cloche Joseph. A l’église, l’angélus sonne sur l’unique cloche à 8h00, 12h00 et 19h00, après la sonnerie des heures.

Illustrations : La sonnerie des cloches, le jour de Pâques, à la Giralda de Séville, dans Jean-Pierre Rama, Cloches de France et d’ailleurs, Pierre Zech Éditeur, Paris, 1993, p. 137 et dessin d’André Mohimont un jour de marché ou de braderie, 1980 – article Manu Delsaute
Samedi 11 avril. Les cloches sonneront toutes en chœur ce soir à leur retour de Rome. Elles le feront aussi demain à 12h, précédées par quelques mélodies apéritives dès 11h30.




Mercredi 8 avril. En attendant une sonnerie exceptionnelle pour demain, deux cloches pour ce soir, intervalle de quarte comme hier, mais plus haut : Guibert et Romane, soit fa#-si.
Malgré les liens étroits entre la ville et l’abbaye, la vie monastique requiert calme et quiétude, hors de la place publique. L’essor de la ville et la précarité des premières constructions de l’abbaye vont rapidement pousser les moines à se munir de quartiers particuliers.

Lundi 6 avril. Sonnerie des quatre plus grosses cloches pour ce soir. Ré-mi-fa#-la, les plus anciennes du beffroi. Petit exercice préparatoire vers ce qui nous attend plus tard cette semaine avec Pâques.

Samedi 4 avril. Reprenons la sonnerie d’hier et étendons-la en y ajoutant une note plus grave qui viendra asseoir l’ensemble, lui donner plus de consistance. Nous obtenons l’accord fa# mineur : fa#-la-do#.

Vendredi 3 avril. Sonnerie à deux cloches en tierce majeure (deux tons d’écart) comme hier, mais en plus aigu : la-do# ou 4-6. Le langage des cloches est vaste et variable. La manière de sonner, le choix et les combinaisons de cloches apportent un rendu chaque fois différent. Il suffit d’y prêter attention.