Vendredi 3 avril. Sonnerie à deux cloches en tierce majeure (deux tons d’écart) comme hier, mais en plus aigu : la-do# ou 4-6. Le langage des cloches est vaste et variable. La manière de sonner, le choix et les combinaisons de cloches apportent un rendu chaque fois différent. Il suffit d’y prêter attention.
Gembloux en Brabant !
On ignore souvent que jusqu’à la Révolution française, Gembloux était située dans le duché de Brabant. Nous sommes devenus namurois sous le régime français, département de Sambre et Meuse, puis sommes demeurés en province de Namur.
D’un côté ou de l’autre de la ligne, Gembloux a toujours eu un caractère frontalier. Au XIIe siècle, la rivalité entre le comte de Namur et le duc de Brabant faisait rage. Lorsque le premier voulut étendre ses terres, il lorgna naturellement sur celles qui se trouvaient juste derrière la limite, ce qui n’épargna pas Gembloux qui fut livrée aux flammes.
La scène est illustrée sur un des dessins commandés par l’abbé Papin (XVIe s.). Nos fortifications, dont nous avons fait le tour, rendaient bien des services mais n’ont pas suffi ce jour-là.
En revanche, elles remplirent pleinement leur rôle en 1489 dans un autre contexte lorsque les révoltés assiégèrent durant trois jours la Ville restée fidèle à Maximilien d’Autriche. Le cœur de Gembloux fut ainsi préservé mais les faubourgs et fermes alentours furent détruits. Ceci valut un autre dessin qui ne manque pas d’illustrer ici aussi les forces en présence et la tension du moment.
Illustrations : Dessins commandés par l’abbé Papin, XVIe s., dans La Geste des abbés de Gembloux, par Jean-Paul Straus, éditée par le Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, 2012, p. 86-87 et 142-143 – article Manu Delsaute





Lundi 30 mars. Au programme de ce soir, trois cloches comme hier aussi mais 3-5-6 (fa#, si, do#) au lieu de 3-4-5. L’écart se creuse entre la première et les suivantes, ce qui lui permet de bien se détacher. Pour les musiciens : quarte et quinte.
Dimanche 29 mars. Autre sonnerie de trois cloches, avec un accord différent : Guibert, Benoît et Romane, ce qui donne fa#, la, si. Un ton et demi entre les deux premières, un ton entre la deuxième et la troisième. Pour les musiciens : tierce mineure et quarte. La plus grosse cloche se détache davantage des deux autres.
Samedi 28 mars. Ces six derniers jours, nous avons fait la connaissance de nos cloches de volée et nous avons pu constater une disparité d’âge. Nous écouterons ce soir la plus ancienne et les deux plus récentes. Benoît, Romane et Benjamine se marient à merveille pour produire une sonnerie joyeuse : la, si, do#, soit un ton entre chaque cloche.
Vendredi 27 mars. Pour finir les présentations individuelles, nous écouterons aujourd’hui la petite dernière, la bien nommée Benjamine, 6e et plus petite cloche de la sonnerie. Comme Romane, elle provient de l’opération d’extension de 2012 et a donc été coulée par André Voegelé. Il s’agit d’un do# d’un diamètre de 77,50 cm qui pèse environ 300 kg. Quand-même 
Pour ce jeudi 26 mars, faisons quelques allers-retours dans l’histoire. Après avoir entendu, hier, la plus ancienne de nos cloches, nous écouterons aujourd’hui une des plus récentes : Romane, cloche n° 5, dont la tonalité est si, pour un poids estimé à 420 kg et un diamètre de 87 cm.
Ce mercredi 25 mars, sonnerie toute symbolique. Nous entendons la voix de la doyenne de nos cloches, datant d’une époque où les sonneries avaient encore un rôl
