Samedi 11 avril. Les cloches sonneront toutes en chœur ce soir à leur retour de Rome. Elles le feront aussi demain à 12h, précédées par quelques mélodies apéritives dès 11h30.
C’est le moment de présenter la cloche de l’église qui vient joindre sa voix à la sonnerie du beffroi car elle a été étudiée pour la compléter.

Elle est en effet issue de l’opération de 2012 et a été coulée à Gembloux par le fondeur André Voegelé. Elle présente les mêmes frises d’épis de blé que Romane et Benjamine. Il s’agit d’un mi d’environ 120 kg pour 60 cm de diamètre, une octave au-dessus de la cloche Joseph du beffroi. Il permet d’étendre la sonnerie du beffroi en ajoutant une note plus aigüe.
La cloche culmine depuis début 2013 dans le lanternon situé tout en haut du clocher de l’église, c’est pourquoi nous pouvons bien l’entendre mais aussi la voir. Elle est dédiée à saint Pierre, comme l’ancienne abbaye dont les bâtiments ont été entièrement reconstruits quelque 250 ans plus tôt. La majeure partie de ceux-ci sont dus au célèbre architecte Laurent-Benoît Dewez. Ce sont ces bâtiments que nous connaissons encore aujourd’hui.
Outre une très belle effigie de saint Pierre, la cloche porte l’inscription suivante, très à propos (sic) :
JE M’APPELLE PIERRE
250 ANS APRES LA RECONSTRUCTION
PAR L’ARCHITECTE LAURENT-BENOIT DEWEZ
DE L’ABBAYE QUE FONDA SAINT GUILBERT
JE CHANTE DU SOMMET DE SON EGLISE
(A) LA MÉMOIRE DU PREMIER DES APOTRES A QUI ELLE ÉTAIT DEDIEE

Illustrations : La montée de la cloche au sommet de l’église et vue de celle-ci avec son marteau externe. Collection privée – article Manu Delsaute



Mercredi 8 avril. En attendant une sonnerie exceptionnelle pour demain, deux cloches pour ce soir, intervalle de quarte comme hier, mais plus haut : Guibert et Romane, soit fa#-si.
Malgré les liens étroits entre la ville et l’abbaye, la vie monastique requiert calme et quiétude, hors de la place publique. L’essor de la ville et la précarité des premières constructions de l’abbaye vont rapidement pousser les moines à se munir de quartiers particuliers.

Lundi 6 avril. Sonnerie des quatre plus grosses cloches pour ce soir. Ré-mi-fa#-la, les plus anciennes du beffroi. Petit exercice préparatoire vers ce qui nous attend plus tard cette semaine avec Pâques.

Samedi 4 avril. Reprenons la sonnerie d’hier et étendons-la en y ajoutant une note plus grave qui viendra asseoir l’ensemble, lui donner plus de consistance. Nous obtenons l’accord fa# mineur : fa#-la-do#.

Vendredi 3 avril. Sonnerie à deux cloches en tierce majeure (deux tons d’écart) comme hier, mais en plus aigu : la-do# ou 4-6. Le langage des cloches est vaste et variable. La manière de sonner, le choix et les combinaisons de cloches apportent un rendu chaque fois différent. Il suffit d’y prêter attention.

