Revue Communications – avril 2020
Exceptionnellement, la revue Communications de ce mois d’avril 2020 ne sera pas transmises par voie postale. Suite à l’épidémie de Covid-19 et pour respecter les mesures de confinement prises par le Gouvernement, le comité de rédaction a décidé d’en réaliser uniquement une version électronique. Nous vous encourageons à la diffuser largement autour de vous. Bonne lecture!
Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (4)
Ce mercredi 25 mars, sonnerie toute symbolique. Nous entendons la voix de la doyenne de nos cloches, datant d’une époque où les sonneries avaient encore un rôle de premier plan dans la vie quotidienne pour transmettre les informations à la population. On était alors habitué à reconnaître les différentes sonneries et on comprenait leur message.
La cloche 4, appelée Benoît, date de 1906. Elle fait référence à l’ancienne abbaye bénédictine et elle sonne le la. Elle a un diamètre de 92 cm et pèse environ 500 kg. C’est la fonderie Causard-Slégers, de Tellin, qui l’a fournie. Elle est située au-dessus de la seconde cloche, au pied de la toiture côté CPAS.
La particularité de cette cloche est qu’elle a participé à annoncer des événements très marquants de la vie gembloutoise. Des moments graves comme les entrées en guerre ou des incendies, mais aussi des réjouissances comme la libération.
A cette époque, on sonnait encore à la main, à l’aide de cordes.
De 1943 à 1954, cette cloche resta seule en service au beffroi.
Elle possède plusieurs frises décoratives, porte l’inscription « Ville de Gembloux », la date 1906 et les armoiries : les trois clés et la couronne comtale. Elle reçut pour parrain M. Guibert Gérard et pour Marraine Mme Valentine Damseaux. Des noms très… gembloutois !

Photos : Vincent Dusseigne (ca 2011).- article Manu Delsaute
Neuvaine avec les Dominicains jour 9
FORCE D’ÂME
Nous sommes dans le calme qui précède la tempête. Une sorte de veillée d’armes, avant la grande épreuve que nous annoncent nos soignants et que connaissent déjà nos frères d’Italie. Une épreuve sanitaire sans précédent que notre pays va encaisser brutalement et que nous allons vivre tous ensemble.
Dans ces moments de crise se redécouvrent les vertus qui permettent de tenir quand tout semble s’effondrer. Parmi elles, la vertu de force. Cette force d’âme dans l’épreuve qu’il nous faut retrouver et demander au Seigneur sans tarder, car « l’heure vient… ».
La force affermit l’âme dans la poursuite d’un bien difficile à atteindre, sans se laisser ébranler par la peur, y compris la peur de la mort. Elle est le fruit de nos efforts pour la cultiver et surtout de la grâce de Dieu, sans qui nous ne pouvons rien et qui « vient au secours de nos faiblesses » (Rm 8,26).
A quoi sert cette force d’âme ? Elle nous porte à agir de deux façons : entreprendre et durer.
Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (3)
Ce mardi 24 mars, nous terminons la présentation des cloches placées en 1954 avec la cloche n° 3, un fa# de 871 kg. Elle sonnera seule. Comme les deux plus grosses cloches, elle provient de la fonderie Michiels de Tournai.
Elle fut coulée en 1952 et présente un diamètre de 110 cm. Sa décoration, qui reste sobre, diffère de celle de ses deux sœurs. Elle est située au-dessus de la grosse cloche, au pied de la flèche, côté place de l’Hôtel de Ville.
La paroisse l’appela Guibert et lui donna pour parrain M. Albert Dispa (rien à voir avec notre Bourgmestre 😉) et pour marraine Madame Jules Duculot.
Cette cloche sonne quotidiennement les volées de l’angélus (peu après 8h45, 12h15 et 19h15), sauf le dimanche matin où il n’y a pas d’angélus (on dort) et le dimanche midi où c’est la 2e cloche qui sonne. Nous l’entendrons durant cinq minutes ce soir. Elle boîte un peu et patine au démarrage, mais on ne lui en veut pas, on s’en occupera 😊
Mais au fait, qui est Guibert ?
Au Xe siècle, un chevalier nommé Wicbertus décide de déposer les armes pour entrer en religion et fonder une abbaye. Il la bâtira à l’emplacement de sa villa (c’est-à-dire une grosse ferme) située à la pointe d’un éperon rocheux. Ce lieu, c’est le centre ancien de Gembloux. C’est autour des premiers bâtiments de l’abbaye, situés à proximité de notre beffroi, que se développera la ville.
Wicbertus sera canonisé saint Guibert en 1110. C’est le patron de la cité.

Photo dans le beffroi : Vincent Dusseigne (ca 2011). Photo ancienne : fonds Lucien Hoc du Cercle Royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux. Le Doyen Mouthuy à l’arrivée des cloches en vue de leur bénédiction. 1954 – texte Manu Delsaute
Communiqué de Mgr Warin et du chanoine Rochette
Vous trouverez ci-dessous un communiqué de Mgr Pierre Warin, évêque de Namur, et du chanoine Joël Rochette, vicaire général, en vue de ce mercredi 25 mars, jour de l’Annonciation.
Vous pourrez aussi découvrir les dispositions qui viennent d’être prises, au niveau du diocèse, concernant la messe chrismale et les offices de la Semaine sainte.
Merci d’en prendre connaissance et de les diffuser largement autour de vous.
Nous vous souhaitons de vivre au mieux cette période et de bien prendre soin de vous.
Cordialement,
Le service Médias du diocèse
Chers diocésains,
Au moment où j’écris ces lignes (20 mars), la radio annonce qu’en Chine, c’est le deuxième jour qu’aucun cas nouveau n’a été recensé. L’épidémie aura une fin. Tenons en éveil l’espérance !
Tenons en éveil l’espérance en raison du personnel soignant qui s’investit totalement. Chaque jour à 20 heures, maintes personnes se manifestent aux fenêtres pour les applaudir. Je suggère que, là où c’est indiqué et selon des modalités à déterminer localement, la sonnerie des cloches de nos églises appuie ce mouvement sympathique. Continuer la lecture
« Arrêtez-vous et sachez que je suis Dieu »
Voici un extrait du message du supérieur majeur des cisterciens
Peut-être notre premier devoir est-il de vivre cette circonstance en lui donnant un sens.
Après tout, le véritable drame que vit actuellement la société n’est pas tant ou pas seulement la pandémie, mais ses conséquences dans notre existence quotidienne. Le monde s’est arrêté. Les activités, l’économie, la vie politique, les voyages, les divertissements, le sport ont cessé, comme pour un Carême universel. Mais pas seulement cela : en Italie et maintenant aussi dans d’autres pays, la vie religieuse publique a également cessé, la célébration publique de l’Eucharistie, tous les rassemblements et les réunions ecclésiales, du moins ceux où les fidèles se rencontrent physiquement. C’est comme un grand jeûne, une grande abstinence universelle. Continuer la lecture
Neuvaine avec les Dominicains jour 8
Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (2)
Pour ce lundi 23 mars, nous poursuivons avec la présentation d’une cloche, la seconde. Elle est située à l’opposé du bourdon, donc juste derrière les abat-sons sous le cadran de l’horloge côté CPAS.
C’est une des sœurs de la grosse cloche : elle a été placée au beffroi en 1954 et provient de la fonderie Michiels, de tournai. Point de vue musical, c’est un mi, soit un ton au-dessus de la grosse cloche. Elle pèse 1.215 kg pour un diamètre de 124 cm.
La paroisse l’a dédiée à saint Joseph et l’a donc appelée Joseph. Son parrain : Maurice Piérard, sa marraine : Mme José Descampe. Cette cloche sonne seule pour la volée de l’angélus le dimanche peu après 12h15.
Pourquoi les cloches du beffroi sonnent-elles aussi pour la paroisse ? C’est une belle particularité de l’histoire de Gembloux qui est liée à celle de son abbaye.
Il y avait deux églises principales à Gembloux : l’église abbatiale destinée aux moines de l’abbaye et l’église paroissiale Saint-Sauveur.
Suite à la Révolution française, en 1796, les biens de l’Eglise ont été confisqués par l’Etat. Ce fut donc le cas des deux églises. L’église abbatiale fut directement dépourvue de ses cloches puis l’abbaye fut revendue. Les moines ne revinrent jamais.
Après la période révolutionnaire, les biens de l’Eglise qui avaient été confisqués mais que l’Etat avaient conservés devaient être remis à disposition du culte.
La Commune avait gardé l’église Saint-Sauveur mais celle-ci menaçait ruine et il fallait prévoir d’importants frais pour la remettre en état. A quelques dizaines de mètres de là, l’ancienne église abbatiale, toujours en place, était inutilisée. On y installa donc la paroisse et démolit l’église Saint-Sauveur, sauf la tour.
C’est comme ça qu’en 1810, l’ancienne église des moines devint l’église paroissiale, dédiée à saint Guibert. Celle-ci n’ayant plus de cloches, on continua à sonner les cloches de la tour de Saint-Sauveur, aujourd’hui appelée beffroi. La venelle Saint-Sauveur qui le jouxte est là pour nous le rappeler 😊
Photo dans le beffroi : Vincent Dusseigne (ca 2011). Photo ancienne : fonds Lucien Hoc du Cercle Royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux. La cloche dans l’entrée de l’église en vue de sa bénédiction. – texte Manu Delsaute 