Mercredi 8 avril. En attendant une sonnerie exceptionnelle pour demain, deux cloches pour ce soir, intervalle de quarte comme hier, mais plus haut : Guibert et Romane, soit fa#-si.
Les deux clochers…
Malgré les liens étroits entre la ville et l’abbaye, la vie monastique requiert calme et quiétude, hors de la place publique. L’essor de la ville et la précarité des premières constructions de l’abbaye vont rapidement pousser les moines à se munir de quartiers particuliers.
Dès le Xe siècle, Olbert, 4e abbé de Gembloux, décide d’entreprendre une vaste reconstruction de l’abbaye. L’église initiale est laissée à la paroisse et les moines érigent leurs bâtiments juste à côté, dont une nouvelle église abbatiale, bien plus grande et munie d’une forte tour.
Ces bâtiments abbatiaux, à force de réparations et reconstructions, traverseront l’histoire jusqu’au XVIIIe siècle où on entreprit de tout reconstruire suivant d’autres plans. L’abbatiale d’Olbert se trouvait là où figure à présent le bâtiment de chimie de la Faculté.
Le visage de Gembloux présenta donc, du Moyen-Âge au XVIIIe siècle, deux églises munies chacune de leur tour à la pointe de l’éperon rocheux. L’emplacement était stratégique.
De l’abbatiale d’Olbert et de l’église paroissiale Saint-Sauveur, nous n’avons pas de photo mais bien quelques représentations.
Hormis la tour de la seconde, il ne reste de vestiges qu’enfouis dans le sol.
Olbert, en plus d’être sensible à la cause des plus faibles, restaura la discipline et enrichit la bibliothèque, ce qui mena à l’âge d’or intellectuel de l’abbaye. Il fut également abbé de Saint-Jacques à Liège où il mourut en 1048. Rien d’étonnant à ce qu’une avenue porte son nom.

Illustrations : L’église Saint-Sauveur et l’abbaye au XVIIe siècle, extrait d’une gravure d’Harrewijn ; Dessin d’après ceux commandés par l’abbé Papin au XVIe siècle, dans Léon Namèche, La ville et le comté de Gembloux, Duculot, seconde édition, 1964, p. 345 ; Entre le beffroi et l’église actuelle, le bâtiment de chimie occupe l’emplacement de l’ancienne abbatiale d’Olbert (photo prise entre 1936 et 1954), collection privée – article Manu Delsaute

Lundi 6 avril. Sonnerie des quatre plus grosses cloches pour ce soir. Ré-mi-fa#-la, les plus anciennes du beffroi. Petit exercice préparatoire vers ce qui nous attend plus tard cette semaine avec Pâques.

Samedi 4 avril. Reprenons la sonnerie d’hier et étendons-la en y ajoutant une note plus grave qui viendra asseoir l’ensemble, lui donner plus de consistance. Nous obtenons l’accord fa# mineur : fa#-la-do#.

Vendredi 3 avril. Sonnerie à deux cloches en tierce majeure (deux tons d’écart) comme hier, mais en plus aigu : la-do# ou 4-6. Le langage des cloches est vaste et variable. La manière de sonner, le choix et les combinaisons de cloches apportent un rendu chaque fois différent. Il suffit d’y prêter attention.





Lundi 30 mars. Au programme de ce soir, trois cloches comme hier aussi mais 3-5-6 (fa#, si, do#) au lieu de 3-4-5. L’écart se creuse entre la première et les suivantes, ce qui lui permet de bien se détacher. Pour les musiciens : quarte et quinte.