Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (13)

Vendredi 3 avril. Sonnerie à deux cloches en tierce majeure (deux tons d’écart) comme hier, mais en plus aigu : la-do# ou 4-6. Le langage des cloches est vaste et variable. La manière de sonner, le choix et les combinaisons de cloches apportent un rendu chaque fois différent. Il suffit d’y prêter attention.

Gembloux en Brabant !

On ignore souvent que jusqu’à la Révolution française, Gembloux était située dans le duché de Brabant. Nous sommes devenus namurois sous le régime français, département de Sambre et Meuse, puis sommes demeurés en province de Namur.

D’un côté ou de l’autre de la ligne, Gembloux a toujours eu un caractère frontalier. Au XIIe siècle, la rivalité entre le comte de Namur et le duc de Brabant faisait rage. Lorsque le premier voulut étendre ses terres, il lorgna naturellement sur celles qui se trouvaient juste derrière la limite, ce qui n’épargna pas Gembloux qui fut livrée aux flammes.

La scène est illustrée sur un des dessins commandés par l’abbé Papin (XVIe s.). Nos fortifications, dont nous avons fait le tour, rendaient bien des services mais n’ont pas suffi ce jour-là.

En revanche, elles remplirent pleinement leur rôle en 1489 dans un autre contexte lorsque les révoltés assiégèrent durant trois jours la Ville restée fidèle à Maximilien d’Autriche. Le cœur de Gembloux fut ainsi préservé mais les faubourgs et fermes alentours furent détruits. Ceci valut un autre dessin qui ne manque pas d’illustrer ici aussi les forces en présence et la tension du moment.

Illustrations : Dessins commandés par l’abbé Papin, XVIe s., dans La Geste des abbés de Gembloux, par Jean-Paul Straus, éditée par le Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, 2012, p. 86-87 et 142-143 – article Manu Delsaute

Vivez la Semaine Sainte avec Mgr Warin

Cette période est difficile pour tous. Les catholiques sont tout particulièrement attristés, à l’approche de la Semaine Sainte, de ne pouvoir célébrer pleinement leur foi dans leur église paroissiale. Le diocèse de Namur, en association avec les télévisions communautaires, les réseaux sociaux et RCF Sud-Belgique, propose un éventail de possibilités pour vivre depuis son salon, avec Mgr Pierre Warin, évêque de Namur, les offices de la Semaine Sainte.

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Quelques idées pour la fête des Rameaux et la semaine sainte en famille

Les Services de pastorale liturgique et de catéchèse (Catéveil) mettent à disposition de celles et ceux qui le souhaitent des outils pour vivre et célébrer la Semaine Sainte à la maison, en famille, dans le contexte particulier de cette année lié au Coronavirus.

Nos évêques demandent qu’on ne distribue pas de rameaux cette année ni dans les églises ni en-dehors, d’une part pour des raisons sanitaires mais aussi parce que les rameaux font partie de la liturgie du Dimanche des Rameaux. Il n’est pas non plus possible pour un laïc de bénir lui-même des rameaux, bien sûr, mais il est par contre tout à fait possible de s’associer à la prière de l’Église qui chemine vers Pâques et qui espère, via les ondes et en priant en famille avec les outils que nous vous proposons.

Voici deux propositions pour le diocèse de Namur:

Vivre le Dimanche des Rameaux en famille à la maison :

Dimanche des Rameaux

La Semaine Sainte pour les enfants du caté :

Semaine sainte en famille au temps du coronavirus

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions ou si vous souhaitez parler avec un membre de l’équipe pendant cette période de confinement. Nous restons à votre service et proches de vous et de vos familles dans la prière.

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (12)

Jeudi 2 avril. Les cloches Marie et Guibert donneront de la voix ce soir, soit ré-fa# ou un intervalle de tierce majeure qui laisse bien entendre les deux cloches utilisées.

L’évocation des remparts de la ville nous mène logiquement à aborder la question des portes d’accès.
Elles n’existent plus physiquement, mais nous continuons, souvent sans le savoir, à emprunter les chemins sur lesquels elles se trouvaient.

La Porte al Croix, ou Porte en Hault, était située à l’endroit où commence la Grand-Rue, actuellement doté d’un ralentisseur. Constituant à l’époque une des principales entrées de Gembloux, la Porte al Croix devait son nom à la proche présence d’une croix qu’on aperçoit bien sur la gravure de Grammaye.

La Porte Vers Moulin ou Wérimolin constituait un passage dans le bas de la ville, au bout de la rue Notre-Dame. Elle fut d’ailleurs aussi appelée Porte Notre-Dame. Elle permettait de rejoindre le moulin de Dessous-le-Mont, situé hors remparts dans la rue du… Moulin. Il se trouvait à proximité de la tour nord encore présente. La rue Notre-Dame doit son nom à la présence, jadis, d’une chapelle qui lui était dédiée.

Au bout de la rue Léopold se dressait la Porte au Trau, c’est à-dire « au trou », semble-t-il parce qu’en ce lieu, les remparts étaient flanqués de fossés remplis d’eau. Appelée aussi Porte St-Nicolas en référence à l’ancien nom de la rue Léopold, Porte d’Embas ou encore Porte de la Vallée, elle assurait, depuis le bas de la ville, le passage vers et depuis la vallée de l’Orneau en direction de Grand-Manil.

Enfin, quatrième et dernière porte, la Porte au Chien Noir, située au bout de rue du même nom, menait vers le faubourg de la Vôte.

Non, le cœur médiéval de Gembloux n’a pas beaucoup changé…

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustrations : Détails de la gravure de Grammaye, 1608 : 1. Porte al Croix avec la croix toute proche et, en bas, la tour nord et le moulin. 2. Portes au Chien Noir, au Trau et Vers Moulin avec en haut à gauche la maison du Bailli – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (11)

Mercredi 1er avril. Deux cloches pour ce soir : Guibert et Benoît, fa# et la, soit une tierce mineure. Bel intervalle pour une sonnerie à deux cloches, plus aigüe qu’hier.

Encore quelques mots sur les remparts. Il nous en reste une série de vestiges, parfois méconnus. A l’entrée de Gembloux, devant l’entrée de la Faculté, se trouve un reste du mur d’enceinte qui sépare le passage des Déportés de la place Saint-Jean. Dans l’immeuble blanc situé à l’angle de la Grand-Rue et de la place Saint-Guibert, on observe un renfoncement englobant les fenêtres de droite du rez-de-chaussée et du premier étage. Il illustre la hauteur que devait avoir l’enceinte qui passait par-là. La conciergerie de l’ancienne abbaye repose, sur sa gauche, sur un reste du mur, visible aussi dans l’immeuble adjacent.

Des vestiges des remparts subsistent dans quelques maisons (surtout dans les caves) de la place Saint-Guibert et de la rue Docq. De nombreuses constructions se sont appuyées sur les vieux murs. On retrouve le mur dans le bar de la brasserie l’Estaminet.

Nous conservons aussi deux tours d’angle : la tour nord, rue du Moulin au square Albert 1er et la tour sud, entre la rue Docq et le parc d’Epinal.

La première est improprement appelée tour des Sarrasins. Au moment où ont été bâtis les remparts en 1153, il n’était plus question de Sarrasins dans nos contrées et, du reste, s’ils avaient dû se présenter à Gembloux, ils ne seraient pas arrivés par ce côté.

Les illustrations jointes montrent les traces d’arrachement des murs sur ces tours d’angle qui ont été plusieurs fois réparées.

Il existe encore une troisième tour, à l’angle de la rue Docq et de la rue du Chien Noir, mais il s’agit d’une adaptation contemporaine de vestiges et il ne faut pas y voir d’image précise de ce qu’étaient les fortifications.

Dans le cadre des réaménagements à venir, la Ville envisage la reconstruction de l’enceinte médiévale et de ses portes.

Illustrations : IRPA, Google streetview et photo de Jean-Marc Gilles – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (10)

Mardi 31 mars. Au programme de ce soir, les deux plus grosses cloches, soit plus de 3 tonnes de métal en mouvement pour une sonnerie plus lente et plus grave : ré et mi. Les cloches sont en bronze, c’est-à-dire un alliage d’environ 78 % de cuivre et 22 % d’étain. Ces proportions donnent généralement le meilleur résultat en termes de solidité et de sonorité. Il existe aussi des cloches en acier mais elles restent extrêmement marginales et n’ont pas les mêmes qualités.

Quel est le point commun entre Gustave Docq et les invasions, sujets que nous venons d’évoquer ?

Les remparts…

En 1152, Gembloux reçut l’autorisation de s’entourer de remparts. Edifiés dès l’année suivante grâce à une vaste réquisition de main d’œuvre locale, ils étaient flanqués de différentes tours et comportaient quatre portes. La muraille et ses tours assurèrent des fonctions de défense durant plusieurs siècles, jusqu’à ce qu’elles perdent leur utilité face à l’évolution des moyens d’attaque.

Les remparts permirent de résister tant bien que mal à différents périls. Ils encerclaient la ville du haut de la Grand-Rue au square Albert Ier (tour des sarrasins – rue du Moulin), suivaient ensuite l’éperon rocheux jusqu’à la place de l’Orneau, la rue Pierquin, et la rue Docq jusqu’à la place Saint-Guibert.

La rue Gustave Docq suit donc, hors de ceux-ci, le trajet des remparts. Elle s’appelait d’ailleurs rue des Remparts… 😊

Aujourd’hui, les voies de circulation du centre de Gembloux demeurent intimement liées au tracé des remparts et à l’emplacement des portes. Le caractère médiéval de ces voies sinuant autour d’un éperon rocheux explique pourquoi les rues du centre-ville sont étroites et escarpées.

Illustration : gravure de Jean-Baptiste Grammaye, Antiquitates illustrissimi ducatus Brabantiae, 1608 – article Manu Delsaute

Les cloches de Gembloux sonnent pour le personnel soignant … et les autres (9)

Lundi 30 mars. Au programme de ce soir, trois cloches comme hier aussi mais 3-5-6 (fa#, si, do#) au lieu de 3-4-5. L’écart se creuse entre la première et les suivantes, ce qui lui permet de bien se détacher. Pour les musiciens : quarte et quinte.

La fréquence à laquelle balance une cloche, et donc le nombre de coups sonnés par minute, est tributaire de sa taille. A système de balancement égal, une cloche plus grande prendra plus de temps pour accomplir son mouvement de balancier et elle sonnera donc à une fréquence moins élevée (par exemple, notre grosse cloche sonne environ 48 coups par minute contre 64 pour la plus petite). Il découle de tout cela que lorsqu’on sonne plusieurs cloches à la fois, on les distingue plus facilement lorsque leur taille diffère suffisamment. Le détachement est plus important. Il ne doit toutefois pas devenir excessif, c’est une question d’équilibre.

Nous avons abordé la semaine dernière la question de la disparition des cloches dans les destructions et incendies. Gembloux dut en subir à plusieurs reprises depuis son origine. Si certains incendies eurent une cause accidentelle, d’autres n’étaient que le point d’orgue d’invasions et pillages.

Au fil de l’histoire, ceux-ci eurent des causes diverses.

Voici les premières péripéties auxquelles notre ville a dû faire face au cours de son histoire.

On se rappelle que Gembloux s’est développée autour de l’abbaye fondée par saint Guibert qui lui donna ses propriétés. Il se fait que sa grand-mère lui fit don d’importants domaines également, ce qui priva la famille de Guibert de biens qui auraient pu lui revenir. Ceci valut à Gembloux d’être envahie et pillée par la propre famille de Guibert qui tentait de reprendre le contrôle d’une partie des biens.

Les choses auraient pu mieux commencer…

La scène est illustrée, comme d’autres moments historiques, dans une série de dessins commandée au XVIe siècle par l’abbé Antoine Papin qui présidait alors aux destinées de la ville et l’abbaye.

Publié sur Facebook par Manu Delsaute d’après La Geste des abbés de Gembloux, par Jean-Paul Straus, éditée par le Cercle royal ‘Art et Histoire’ de Gembloux, 2012, p. 49 et 51.